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La gare TGV sajoute à lancienne gare située au pied des remparts, et confère à la zone dite de la Confluence, entre Rhône et Durance, un nouvel avenir. Les architectes (Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Marcel Bajard et François Bonneville) et un paysagiste (Michel Devigne) ont conçu un édifice innovant : la halle Départ présente l’aspect d’une vaste nef longue de 350 mètres bâtie en forme ogivale un hommage aux voûtes du Palais des Papes -, moitié verre côté nord, moitié béton côté sud, protégeant ainsi les voyageurs du mistral et du soleil. Des terrasses arborées intègrent les voies sur remblais au paysage très doux à cet extrême sud du Vaucluse. Les Viaducs franchissent le Rhône, dus à larchitecte Jean-François Blassel, représentant une prouesse technique et une réussite esthétique remarquables : ils matérialisent la double liaison Paris-Marseille et Marseille-Montpellier, deux axes de lEurope qui, à leur croisée, ont depuis toujours fait la fortune de la région. Depuis les trains, on découvrira lune des plus belles vues sur le Vaucluse : Avignon, le Rhône, le mont Ventoux et les Alpes.
Commandée par le diocèse dAvignon, consacrée en 1970, léglise Saint-Joseph-Travailleur manifeste à la fois une préoccupation mystique et un réel esprit de recherche : larchitecte Guillaume Gillet en est lauteur. Sur le plan triangulaire, il crée ici une voûte trilobée dite « en selle à cheval », dont les axes se rassemblent au centre pour donner naissance à une flèche percée sur la hauteur de trois étroites fenêtres. Le choix du béton brut de décoffrage, la couverture en feuilles de cuivre aujourdhui oxydée dans une belle patine verte, inscrivent délibérément lédifice parmi les sanctuaires davant-garde.
Lemplacement occupé actuellement par les vestiges de l'abbaye de Saint-Ruf est sans doute le plus ancien site chrétien dAvignon, puisquil remonte probablement au début du IVème s. Un important cimetière des Vème et VIème s. y fut découvert. Placée sous le vocable de saint Ruf, elle fut restituée à lEglise dAvignon par lempereur Louis lAveugle en 917, mais acquit une importance toute nouvelle au XIème s. En effet, en 1039, quatre chanoines de la cathédrale dAvignon demandèrent à se retirer dans ce faubourg pour y mener une vie plus austère. La communauté prit de lampleur pour finir par être reconnue comme ordre de Saint-Ruf par le pape urbain II en 1095. Lordre de Saint-Ruf fut, en Avignon, un foyer artistique non négligeable, en particulier dans le domaine de la sculpture, et un centre intellectuel réputé puisque dès 1120, lenseignement du droit romain dispensé à Bologne fut importé dItalie. En 1158, labbaye mère fut transférée dAvignon à Valence. Avignon resta un prieuré jusquen 1774. Au cours du temps, les bâtiments de labbaye périclitèrent, au point quen 1763, labbé ordonna leur démolition. Utilisé pour divers usages par des propriétaires privés, ce qui subsistait de cet ensemble fut donné à la ville dAvignon en 1928 et des restaurations furent entreprises à partir de 1944.
Aujourdhui église paroissiale, Notre dame de Bon Repos a été conçue, à linitiative du cardinal Bertrand de Montfavet, pour abriter une communauté de religieux. Le bâtiment perpendiculaire conserve les volumes du monastère lui-même. Construite de 1343 à 1347, léglise ne comporte quune seule nef aux vastes proportions et a les caractères communs à tous les édifices qui relèvent du « gothique méridional », mais a pour originalité la conservation de la disposition primitive, contre la paroi Est, des autels des chapelles latérales. Deux dentre eux sont encore surmontés des restes dune Crucifixion peinte sur le mur en guise de retable en trompe-lil. Cinq tableaux sont luvre délèves de Guillaume-Ernest Grève, créateur du principal atelier actif à Avignon dans la première moitié du XVIIème s.
On pourra commencer la visite de la ville par ses hauteurs, afin de mieux la situer dans le cadre remarquable qui est le sien. Surplombant la ville des hautes et puissantes murailles, se dresse le fort saint André. Cette enceinte royale protège lancienne abbaye bénédictine et le bourg Saint-André. En empruntant, cette entrée monumentale, on accède à labbaye Saint-André, fondée au Xème s. et reconstruite au XVIIème s. par larchitecte Pierre Mignard. Elle présente depuis quelques années les vestiges de son glorieux passé de lépoque romane. Depuis le début du XXème s. les jardins réhabilités successivement par deux femmes desprit, méritent à eux seuls une visite. Redescendant vers la ville, on ne manquera pas l’église collégiale Notre dame, fondée par le cardinal Arnaud de Via en 1333, à laquelle il consacra une livrée quil sétait faite construite. A lextérieur, on remarquera le caractère fortifié de cette construction, tandis quà lintérieur, on sarrêtera sur les sculptures des culots. Le musée principal, créé en 1868 dans lhospice, puis installé en 1986 dans lhôtel Pierre de Luxembourg présente quelques chefs-duvre de la fin du Moyen-Age. En quittant la ville, on sarrêtera à la fameuse tour Philippe le bel, édifiée à partir de 1303 pour contrôler laccès au pont Saint-Bénézet et qui fut surélevée vers 1360.
Cachée au sein de Villeneuve, sa discrétion témoigne de la volonté des pères de se retirer au « désert », loin du bruit et de la fureur du monde. Cette réserve nous ferait presque oublier les dimensions considérables de la plus vaste et plus riche chartreuse du Moyen Age en Europe. Devenue Centre Culturel de rencontre depuis 1973, elle abrite le Centre national des Ecritures du spectacle. En 1353, le cardinal Etienne Aubert fait don à lordre des Chartreux de son palais qui fut transformé en Chartreuse en trois ans. A sa mort, en 1362, son neveu le cardinal Pierre Selva de Montirac ainsi que de nombreux donateurs poursuivent son uvre. La Chartreuse est à son apogée entre 1649 et 1793. A laube du XVIIIème s., même si tout nest que prospérité sereine à labri des murs, la tourmente révolutionnaire népargne pas les lieux, et trois dates suffisent pour dire leffondrement dun monde qui avait duré quatre siècles : - 14 février 1790, suppression des ordres religieux - fin 1792, départ des chartreux - 17 mai 1793, vente du couvent Le bâtiment, transformé en carrière de pierre, en grange ou en maison dhabitation, est dégradée par les quelques deux cents familles qui y vivent. Dès 1834, dans ses «Notes dun voyage dans le Midi de la France», Prosper Mérimée sindigne des outrages subis par le tombeau dInnocent VI . Il faudra trois quarts de siècle pour que son appel soit entendu. En 1909, larchitecte Jules Formigé remet à la Commission des Monuments historiques son rapport sur la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. LEtat entame en effet cette action qui sétale, elle aussi, sur près de trois quarts de siècle et qui tient en trois mots : racheter, restaurer, réhabiliter. La restauration fut alors entreprise et se poursuit encore. En 1973, les collectivités territoriales et la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites installent à la Chartreuse un Centre Culturel de rencontre. Le Tinel est restauré et transformé. Puis, le Centre Culturel de rencontre devient en 1991 le Centre national des écritures du spectacle. Les altérations du temps et de la Révolution avait détérioré le portail monumental de la Valfenière et le cloître du cimetière. Ils ont été tous deux restaurés remarquablement.
Le Fort Saint-André est une enceinte fortifiée flanquée de tours de guet et dune porte monumentale encadrée par deux tours jumelles. Commanditées en 1292 par Philippe le Bel, roi de France, pour affirmer la puissance royale face aux terres de lEmpire et des papes d’Avignon, le fort offre aussi protection à l’abbaye bénédictine et au petit bourg Saint-André dont lexistence sur le mont Andaon est attestée depuis le Xème s. |
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