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Autour d'Avignon
   


Avignon est au cœur d’une riche agglomération comprenant diverses communes de Vaucluse, mais aussi du Gard. Ces villes et villages revêtent chacun un caractère particulier et méritent une halte. En outre, le patrimoine n’est pas l’apanage exclusif du périmètre intra-muros d’Avignon : il s’enrichit en effet de construction contemporaines, d’édifices religieux et de fortifications qui font la gloire des communes voisines. Il serait dommage de ne pas découvrir ces richesses éparpillées « autour d’Avignon ».

HORS LES MURS

Viaducs et gare du TGV

Le prolongement de la ligne de chemin de fer à très grande vitesse (TGV) entre Valence d’une part, et Marseille et Montpellier d’autre part, était à l’étude dès 1989 : il devint réalité en juin 2001, date à laquelle sont ouvertes les nouvelles gares de Valence-TGV et Avignon-TGV et Aix-en-Provence-TGV, mettant la Cité des Papes à trente minutes de Marseille.

La gare TGV s’ajoute à l’ancienne gare située au pied des remparts, et confère à la zone dite de la Confluence, entre Rhône et Durance, un nouvel avenir. Les architectes (Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Marcel Bajard et François Bonneville) et un paysagiste (Michel Devigne) ont conçu un édifice innovant : la halle Départ présente l’aspect d’une vaste nef longue de 350 mètres bâtie en forme ogivale – un hommage aux voûtes du Palais des Papes -, moitié verre côté nord, moitié béton côté sud, protégeant ainsi les voyageurs du mistral et du soleil. Des terrasses arborées intègrent les voies sur remblais au paysage très doux à cet extrême sud du Vaucluse.

Les Viaducs franchissent le Rhône, dus à l’architecte Jean-François Blassel, représentant une prouesse technique et une réussite esthétique remarquables : ils matérialisent la double liaison Paris-Marseille et Marseille-Montpellier, deux axes de l’Europe qui, à leur croisée, ont depuis toujours fait la fortune de la région. Depuis les trains, on découvrira l’une des plus belles vues sur le Vaucluse : Avignon, le Rhône, le mont Ventoux et les Alpes.

Eglise Saint-Joseph-Travailleur

Commandée par le diocèse d’Avignon, consacrée en 1970, l’église Saint-Joseph-Travailleur manifeste à la fois une préoccupation mystique et un réel esprit de recherche : l’architecte Guillaume Gillet en est l’auteur. Sur le plan triangulaire, il crée ici une voûte trilobée dite « en selle à cheval », dont les axes se rassemblent au centre pour donner naissance à une flèche percée sur la hauteur de trois étroites fenêtres.

Le choix du béton brut de décoffrage, la couverture en feuilles de cuivre aujourd’hui oxydée dans une belle patine verte, inscrivent délibérément l’édifice parmi les sanctuaires d’avant-garde.

Abbaye Saint-Ruf

L’emplacement occupé actuellement par les vestiges de l'abbaye de Saint-Ruf est sans doute le plus ancien site chrétien d’Avignon, puisqu’il remonte probablement au début du IVème s. Un important cimetière des Vème et VIème s. y fut découvert. Placée sous le vocable de saint Ruf, elle fut restituée à l’Eglise d’Avignon par l’empereur Louis l’Aveugle en 917, mais acquit une importance toute nouvelle au XIème s.

En effet, en 1039, quatre chanoines de la cathédrale d’Avignon demandèrent à se retirer dans ce faubourg pour y mener une vie plus austère. La communauté prit de l’ampleur pour finir par être reconnue comme ordre de Saint-Ruf par le pape urbain II en 1095. L’ordre de Saint-Ruf fut, en Avignon, un foyer artistique non négligeable, en particulier dans le domaine de la sculpture, et un centre intellectuel réputé puisque dès 1120, l’enseignement du droit romain dispensé à Bologne fut importé d’Italie.

En 1158, l’abbaye mère fut transférée d’Avignon à Valence. Avignon resta un prieuré jusqu’en 1774. Au cours du temps, les bâtiments de l’abbaye périclitèrent, au point qu’en 1763, l’abbé ordonna leur démolition. Utilisé pour divers usages par des propriétaires privés, ce qui subsistait de cet ensemble fut donné à la ville d’Avignon en 1928 et des restaurations furent entreprises à partir de 1944.

MONTFAVET

Eglise Notre-Dame-de-Bon-Repos

Aujourd’hui église paroissiale, Notre dame de Bon Repos a été conçue, à l’initiative du cardinal Bertrand de Montfavet, pour abriter une communauté de religieux. Le bâtiment perpendiculaire conserve les volumes du monastère lui-même. Construite de 1343 à 1347, l’église ne comporte qu’une seule nef aux vastes proportions et a les caractères communs à tous les édifices qui relèvent du « gothique méridional », mais a pour originalité la conservation de la disposition primitive, contre la paroi Est, des autels des chapelles latérales.

Deux d’entre eux sont encore surmontés des restes d’une Crucifixion peinte sur le mur en guise de retable en trompe-l’œil. Cinq tableaux sont l’œuvre d’élèves de Guillaume-Ernest Grève, créateur du principal atelier actif à Avignon dans la première moitié du XVIIème s.

VILLENEUVE-LES-AVIGNON

Une ville royale face aux papes

On pourra commencer la visite de la ville par ses hauteurs, afin de mieux la situer dans le cadre remarquable qui est le sien. Surplombant la ville des hautes et puissantes murailles, se dresse le fort saint André. Cette enceinte royale protège l’ancienne abbaye bénédictine et le bourg Saint-André. En empruntant, cette entrée monumentale, on accède à l’abbaye Saint-André, fondée au Xème s. et reconstruite au XVIIème s. par l’architecte Pierre Mignard. Elle présente depuis quelques années les vestiges de son glorieux passé de l’époque romane. Depuis le début du XXème s. les jardins réhabilités successivement par deux femmes d’esprit, méritent à eux seuls une visite.

Redescendant vers la ville, on ne manquera pas l’église collégiale Notre dame, fondée par le cardinal Arnaud de Via en 1333, à laquelle il consacra une livrée qu’il s’était faite construite. A l’extérieur, on remarquera le caractère fortifié de cette construction, tandis qu’à l’intérieur, on s’arrêtera sur les sculptures des culots.

Le musée principal, créé en 1868 dans l’hospice, puis installé en 1986 dans l’hôtel Pierre de Luxembourg présente quelques chefs-d’œuvre de la fin du Moyen-Age.

En quittant la ville, on s’arrêtera à la fameuse tour Philippe le bel, édifiée à partir de 1303 pour contrôler l’accès au pont Saint-Bénézet et qui fut surélevée vers 1360.

Chartreuse pontificale du Val-de-Bénédiction

Cachée au sein de Villeneuve, sa discrétion témoigne de la volonté des pères de se retirer au « désert », loin du bruit et de la fureur du monde. Cette réserve nous ferait presque oublier les dimensions considérables de la plus vaste et plus riche chartreuse du Moyen Age en Europe. Devenue Centre Culturel de rencontre depuis 1973, elle abrite le Centre national des Ecritures du spectacle.

En 1353, le cardinal Etienne Aubert fait don à l’ordre des Chartreux de son palais qui fut transformé en Chartreuse en trois ans. A sa mort, en 1362, son neveu le cardinal Pierre Selva de Montirac ainsi que de nombreux donateurs poursuivent son œuvre. La Chartreuse est à son apogée entre 1649 et 1793. A l’aube du XVIIIème s., même si tout n’est que prospérité sereine à l’abri des murs, la tourmente révolutionnaire n’épargne pas les lieux, et trois dates suffisent pour dire l’effondrement d’un monde qui avait duré quatre siècles :

- 14 février 1790, suppression des ordres religieux

- fin 1792, départ des chartreux

- 17 mai 1793, vente du couvent

Le bâtiment, transformé en carrière de pierre, en grange ou en maison d’habitation, est dégradée par les quelques deux cents familles qui y vivent. Dès 1834, dans ses «Notes d’un voyage dans le Midi de la France», Prosper Mérimée s’indigne des outrages subis par le tombeau d’Innocent VI . Il faudra trois quarts de siècle pour que son appel soit entendu.

En 1909, l’architecte Jules Formigé remet à la Commission des Monuments historiques son rapport sur la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. L’Etat entame en effet cette action qui s’étale, elle aussi, sur près de trois quarts de siècle et qui tient en trois mots : racheter, restaurer, réhabiliter. La restauration fut alors entreprise et se poursuit encore. En 1973, les collectivités territoriales et la Caisse nationale des Monuments historiques et des Sites installent à la Chartreuse un Centre Culturel de rencontre. Le Tinel est restauré et transformé. Puis, le Centre Culturel de rencontre devient en 1991 le Centre national des écritures du spectacle.

Les altérations du temps et de la Révolution avait détérioré le portail monumental de la Valfenière et le cloître du cimetière. Ils ont été tous deux restaurés remarquablement.

Fort Saint-André

Le Fort Saint-André est une enceinte fortifiée flanquée de tours de guet et d’une porte monumentale encadrée par deux tours jumelles. Commanditées en 1292 par Philippe le Bel, roi de France, pour affirmer la puissance royale face aux terres de l’Empire et des papes d’Avignon, le fort offre aussi protection à l’abbaye bénédictine et au petit bourg Saint-André dont l’existence sur le mont Andaon est attestée depuis le Xème s.

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