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Informations pratiques
Le musée Louis-Vouland
 


Au 17 de la Rue Victor-Hugo, l’hôtel de Villeneuve-Esclapon est situé près de la porte Saint-Dominique, dans un quartier qui témoigne des travaux d’urbanisation effectués en Avignon dans la deuxième moitié du XIXè et au début du XXè s.

Lotis à partir de 1840, après la démolition des restes de l’ancien couvent des Dominicains construit à cet endroit en 1220, endommagé à la Révolution puis reconverti en fonderies, les terrains dégagés furent achetés par plusieurs familles de nobles et de grand bourgeois tournés vers la modernité. Ils y édifièrent de spacieux hôtels particuliers.

Sans architecte connu, celui-ci fut construit vers 1885 par l’entreprise Bérard pour Mathilde Thysebaerd –épouse du vicomte Marie-Xavier de Villeneuve-Esclapon- qui l’habita peu de temps.

Avec une facade nord d’aspect austère mais bien ordonnancée, une façade plus riante au midi donnant sur un agréable jardin, l’hôtel répond au souci du décorum de l’époque : un grand hall d’entrée, une salle à manger et des salons de réception au rez-de-chaussée, un escalier majestueux menant au premier étage réparti en chambres, soit une dizaine de pièces d’habitation principale et de nombreuses dépendances, greniers, caves, serre, remises. Cheminées, mosaïques, vitraux, plafonds peints en trompe l’œil, stucs et lambris déclinent sa décoration.

Originaire des Bouches-du-Rhône, Louis Vouland, industriel de l’alimentation (viandes et salaisons) était à la tête d’une entreprise qu’il avait créée dans la cité papale à la fin de la Première Guerre mondiale et transformée en une puissante industrie dépassant le cadre régional, voire national.

En 1927, ils se rendit propriétaire de l’hôtel. Il était alors âgé de quarante-quatre ans. Sous le charme, il en fit sa résidence principale et y demeura jusqu’à sa mort, survenue en 1973, date à laquelle il léguait ses biens à la Fondation de France, demandant la création de la Fondation Louis-Vouland, dont la principale obligation serait " d’affecter l’hôtel à usage de musée, de conserver et accroître ses collections ".

Principalement représentatives des arts décoratifs du XVIIè s. et, surtout, du XVIIIè s. où tous les arts furent à leur apogée, ses collections, peu à peu constituées avec l’aide d’experts, rassemblaient meubles, objets, œuvres d’art, acquis pendant plus de quarante ans auprès d’antiquaires ou lors de grandes ventes et successions à Nice, Marseille, Paris. Elles formaient un ensemble prestigieux qui méritait effectivement d’être présenté in situ, à l’instar des musées Nissim-de-Camondo ou Jacquemart-André à Paris, la maison Ephrussi à Saint-Jean-Cap-Ferrat ou le musée Grobet-Labadié à Marseille. Le musée Louis-Vouland fut inauguré le 15 janvier 1982.

Céramique et mobilier se partagent la place de choix au sein de la demeure. Près de deux cents pièces exposées en permanence illustrent dans leur diversité l’évolution de la faïence en Europe, ses rapports avec l’Extrême-Orient, les relations entre les différents autres centres faïenciers français tels que Nevers, Rouen, Strasbourg, Lyon, et plus particulièrement ceux du Midi, Marseille, Moustiers, Montpellier, leurs ateliers, leurs techniques et leurs décors. Sujets et objets de porcelaine de Saxe, Vincennes, Sèvres, ajoutent raffinement et préciosité.

Le goût du collectionneur pour " l’authentique ", tel qu’il le déclarait lui-même, apparaît pleinement dans le choix de l’élégant mobilier, des styles Régence, Louis XV, Louis XVI, commodes, tables consoles, encoignures, secrétaires, meubles d’appoint, bois dorés, peints, et ouvrages de marqueterie parisienne signés des grands maîtres ébénistes, Migeon, Ellaume, Boudin, Tuard, Desforges, Garnier, tandis qu’une préférence est accordée à la province pour les sièges issus des célèbres ateliers lyonnais.

Les pièces d’orfevrerie, plats marqués aux armes, verseuses, crémiers, timbales, salerons, coquetiers, goûte-vin, boîtes, étuis, bougeoirs et flambeaux mêlent intimement la vie quotidienne et le goût du luxe dans les arts de la table ou les objets personnels, tandis que bronzes dorés, ciselés, en chutes, en poignées, moulurations, montures protègent les meubles, enrichissent les vases, ornent les pendules, renvoient la lumière des lustres et appliques.

Grandes tapisseries des Flandres, d’Aubusson, des Gobelins, aux sujets mythologiques, fines tapisseries de Beauvais à sujets littéraires, tapisseries " au point ", tapis, soieries décorent les murs, garnissent les fauteuils, mettent les sols en valeur.

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Dans une sélection moins marquante que pour les autres disciplines, peinture et sculpture ne suscitent pas moins l’intérêt par leur qualité. S’y remarquent un polyptyque catalan du XVè s. relatant les scènes de la Vie de la Vierge, l’Enfant aux cerises du maître flamand Joos Van Clève, des paysages d’autres maîtres hollandais dont Le Déménagement rustique de Wouwerman et, plus près, dans le temps et l’espace, Le Pêcheur de truites de l’Avignonnais Joseph-Vernet.

Une statuette équestre de Louis XIV vêtu en empereur romain, bronze patiné attribué à Desjardin, et une superbe terre cuite du sculpteur lyonnais Chinard, modèle pour un monument à la gloire du Chevalier Bayard, élèvent tout à coup au goût de la grandeur et du chevaleresque.

C’est peut-être cet esprit-là, héroïque et généreux, qui définit l’œuvre de Louis Vouland, bâtisseur de son empire industriel, offrant à la postérité, dans la discrétion, un exceptionnel patrimoine d’art décoratif.

Informations pratiques sur le musée

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Louis Vouland
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