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Le palais du Roure | ||||
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Un inventaire de 1501 nous livre quelques renseignements sur la construction, bien quaucun prix-fait nait été retrouvé. Dans un registre de comptabilité, il est fait mention dun certain Antoine Colin, « maçon dAvignon et artisan de la grande maison de Pierre Baroncelli ». Antoine Colin a travaillé au chantier du palais épiscopal (Petit Palais), dont la conception sinscrit dans la ligne de lesthétique nouvelle et devient rapidement un modèle pour larchitecture domestique à Avignon et au-delà. Cest ce modèle que choisit Pierre Baroncelli, alors intendant du légat Julien de la Rovere.
La forte horizontalité de lédifice nétait rompue que par un crénelage aujourdhui disparu et une échauguette à langle nord-ouest dont la base en nid daronde indique lemplacement. La porte, surmontée dimposants branchages entrelacés entourant un écu sommé dun heaume et soutenu par deux personnages, contraste avec laustérité de lensemble. Remaniée selon les goûts de lépoque classique, la demeure gothique prit, aux XVIIe et XVIIIe s. laspect dun hôtel particulier. Au fond dun passage voûté datant du premier édifice et décoré au XIXe s. des armes des Baroncelli, une vaste cour entourée de façades classiques, dune grande élégance, ornée de lauriers roses dans des poteries dAnduze, accueille aujourdhui le visiteur.
Au XIXe s., lhôtel de Baroncelli-Javon fut désigné par Frédéric Mistral (1830-1914) qui le fréquentait assidûment, sous le nom de « Palais du Roure » (« palais du chêne »). Il devint alors un foyer du félibrige (mouvement pour la renaissance de la culture provençale). En 1908, lHôtel fut vendu par la famille. Après avoir subi des préjudices considérables, il fut sauvé in extremis en 1918 par Jeanne de Flandreysy, originaire de Valence. Femme énergique et déterminée, collaboratrice du mécène marseillais Jules-Charles Roux, grande admiratrice et amie de Mistral, elle décida dès lors de se consacrer corps et âme à « luvre de sa vie » : rendre son prestige au palais du Roure.
Dès lachèvement des travaux de remise en état, elle entreprit dy créer un foyer de culture méditerranéenne. Son mariage, en 1936, avec le commandant Espérandieu, éminent archéologue et membre de lInstitut, apporta une dimension nouvelle à linstitution, par la création de la Fondation Flandreysy-Espérandieu, dont la ville dAvignon hérita par donation en 1944. Une aile est consacrée aux bibliothèques et archives concernant tout particulièrement la Provence et les régions de langue doc (ethnographie, histoire, archéologie, iconographie), ainsi que la littérature de lItalie du Moyen Age (Pétrarque, Dante ) et des pays latins en général.
Un étage est consacré à lethnographie provençale : santons et crèches du XVIIIe s. au XXe s., costumes traditionnels, art populaire, outils anciens. On peut aussi y découvrir la célèbre patache (diligence) de Maillane et la presse qui servit à imprimer la première édition de Miréio en 1859, chef duvre de Frédéric Mistral, ainsi que lAïoli, journal provençal créé au palais du Roure par Mistral et Folco de Baroncelli (1869-1943). Une part importante est réservée aux souvenirs camarguais de Folco de Baroncelli, devenu manadier aux Saintes Maries de la Mer à la fin du XIXe s., qui fut un grand défenseur des traditions et sauva la race des chevaux et des taureaux de Camargue. Lune des plus belles demeures dAvignon, le palais du Roure est aujourdhui un haut lieu de la culture méditerranéenne. |
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