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Le musée lapidaire | ||||
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Lédifice présente un plan dune grande sobriété, composé dune nef unique, précédé dun narthex et aboutissant au chur constitué dune courte travée et dune abside pentagonale », bordée de deux sacristies. Dans ces dernières se trouve le rez-de-chaussée des tours ayant servi respectivement de clocher et dabri pour une horloge. La nef est flanquée de part et dautre de cinq travées trouées darcades et dominées par des tribunes à balustres. Au-dessus des tribunes se superposent une frise à décor végétal, une corniche et lattique. De grandes fenêtres, actuellement murées dun côté et autrefois pourvues de vitraux, dont la réalisation avait été confiée au verrier nîmois F. Commeaux, surmontaient lensemble. A lentrée de la nef prennent place deux tours descaliers accédant aux tribunes latérales ainsi quà la vaste tribune centrale à balustres, édifiée en 1660 seulement. La décoration architecturale, due pour lessentiel au sculpteur avignonnais, Reynau Barbeau, fait largement appel à toute la richesse plastique du répertoire végétal : palmettes, feuilles dacanthe, guirlandes, rosaces. Lexubérance savamment maîtrisée du décor, sa distribution harmonieuse dans la partie supérieure de la bâtisse, exaltent la souveraine élégance des voûtes darête surplombant la nef, tandis que, dans le chur, le jeu vigoureux des lignes de la voûte en plein cintre terminée par un cul de four pentagonal, constitue comme un appel irrésistible à linfini.
Dans la première moitié du XIXe s., la transformation du collège en caserne et de la chapelle en cuisines, buanderie et réfectoire entraîna la ruine du chur, la disparition totale du retable et la destruction partielle de la gloire de Péru. Lorsquen 1851, léglise fut de nouveau affectée au culte, des travaux importants intervinrent à lintérieur du chur : installation dun autel, dun appui de communion, restauration de la gloire de Péru. A la même époque, des boiseries de chêne sombre dissimulant la base des pilastres recouvrirent en partie les murs, rompant quelque peu la force de lordonnance primitive. De même, le bel autel de bois doré ornant la grande tribune à lentrée de la nef, ne faisait point partie du décor originel mais provient de la chapelle dune commune vauclusienne (Le Thor). Dans les deux premières décennies du XXe s., la chapelle connut de multiples vicissitudes et servit, par exemple, de lieu dexposition dun avion, de foire apicole. La décision dinstaller en ses murs un Musée lapidaire vint rompre fort opportunément avec des solutions parfois extravagantes et peu adaptées à la noblesse de lédifice.
Depuis 1933, la chapelle du Collège des Jésuites accueille les collections archéologiques du musée Calvet. Dabord exclusivement réservé aux sculptures gallo-romaines et médiévales, le bâtiment offre à présent une présentation rajeunie et diversifiée des collections égyptiennes, étrusques, grecques et romaines du musée Calvet.
Les tables disposées dans la partie gauche de la nef regroupent des vases grecs illustrant la diversité des productions (attiques, corinthiennes et italiotes) et des techniques (vases à figurines noires et rouges). Les formes complexes mêlent des vases pour le service du vin (cratères, coupes, skyphoi), le transport des liquides (amphores, hydries pélikai) et la toilette (lécythes à parfum, pyxides). Certains vases de grandes dimensions comme le barrel-amphora apulienne du « Peintre de Baltimore » étaient en revanche spécifiquement fabriqués pour la tombe, et leur fonction demeure exclusivement funéraire. Des terres cuites grecques complètent cet aperçu de la civilisation héllénique à lépoque classique. Plusieurs tables rassemblent un échantillonnage représentatif des collections gallo-romaines : statuettes et vaisselle de bronze, lampes de terre cuite, verreries, objets dos, divoire et de pâte de verre, bijoux dor. Beaucoup de ces pièces sont le fruit de fouilles réalisées dans le Vaucluse (Vaison, Apt, Orange) au XIXème siècle, sous légide de la Fondation Calvet. Le matériel retrouvé à loccasion de ces campagnes provenait pour la plupart de tombes comme les pyxides gigognes dos et les bagues en or. Parmi les objets de bronze, certains renvoient à la vie quotidienne comme la lampe à trois becs du « Trésor dApt » la serrure dun coffret de Vaison la Romaine, mais aussi au panthéon gallo-romain. La statuette du grand dieu gaulois Dispater, coiffé dune peau de loup, celle dEsculape, dieu de la médecine, portent témoignage de la virtuosité des bronziers à lépoque impériale.
Devant la troisième chapelle de gauche est présentée une des uvres les plus significatives du musée : la scène de halage de Cabrières-dAigues, fragment dun monument funéraire élevé à la mémoire dun riche marchand de vin ou dhuile, qui offre un bon exemple du transport des marchandises dans lAntiquité paléo-chrétiennes : inscriptions funéraires, fragments de sarcophages, table dautel, vasque à ablutions. La sacristie de gauche est dévolue aux sculptures grecques. Stèles funéraires, reliefs votifs et honorifiques constituent un ensemble unique doriginaux grecs allant du IVe s. avant Jésus Christ au IIIee s. après J-C. Cette série comporte quelques uvres de grande qualité comme la stèle attique de la jeune fille à la poupée. Une autre belle stèle attique classique, acquise en 1999 par la fondation Calvet, est une stèle de chasseur. Ce dernier, entouré de ses chiens de race laconienne, brandit triomphalement au bout du Lagobôlon (un bâton recourbé) sa proie : un lièvre. Le chur sert décrin à un ensemble durnes étrusques dépoque hellénistique en tuf, albâtre et terre cuite, qui recensent la plupart des thèmes illustrés sur ce type de matériel funéraire : épisodes mythologiques, historiques et scènes familiales. Ces urnes prenaient place dans des tombes à chambre et proviennent principalement de deux grandes cités étrusques, Volterra et Tarquinia. Une des pièces les plus remarquables de cette série fait référence à une urne dalbâtre de Volterra dont la cuve représente deux dauphins affrontés de part et dautre dune plante aquatique. Ces gracieux cétacés ornent souvent les parois des nécropoles étrusques et une valeur sôtériologique (qui a rapport au salut par un rédempteur) peut leur être accordée.
La dernière regroupe des blocs sculptés provenant sans doute dune porte monumentale qui prenait place sur le forum de lAvignon antique dont lemplacement se situe sur lactuelle place de lHorloge. On remarquera également plusieurs statues en ronde-bosse dont une très intéressante copie grecque dune création de Praxitèle (Apollon Sauroctone) et une statue de femme drapée dépoque hellénistique. Cette dernière est lune des rares uvres originales grecques présentés dans un musée de province. |
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