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Collection Lambert
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La collection Lambert
 


Yvon LAMBERT ne savait pas, en proposant d’installer sa collection d’art contemporain dans l’hôtel de Caumont, que Joseph de Seytres, seigneur de Verquières-en-Provence et Marquis de Caumont, était un illustre collectionneur.

Collectionneur, mais aussi archéologue et bibliophile, Joseph de Seytres, né en 1688 dans la cité papale, écrivait aussi bien le français, l’italien, l’espagnol que le latin, comme l’atteste sa correspondance avec l’Europe entière, conservée à la bibliothèque d’Avignon.

Il possédait un jardin qui s’étendait de l’hospice Saint-Louis à la rue Violette, anciennement rue des Vieilles-Etudes, où il allait planter soixante platanes et quarante cinq orangers. Ayant l’intention d’y construire un hôtel, il en demanda les plans à Jean-Baptiste Franque, le célèbre architecte d’Avignon qui reprenait dignement le flambeau de Pierre Mignard. Les fondations furent réalisées en 1720 mais, deux ans plus tard, l’épidémie de peste qui ravagea le Comtat Venaissin allait interrompre les travaux, achevés en partie en 1733.

Le marquis de Caumont s’installa dans l’hôtel jusqu’à sa mort en 1745. Joseph François Xavier, l’un de ses neuf enfants, en hérita et Jean-Baptiste Franque, secondé par son fils François, poursuivit les travaux jusqu’en 1751.

Mais au début de la Révolution française, il dut se dessaisir de ses biens considérés propriété nationale. Le mobilier fut intégralement vendu.

Si, en 1811, on pensa transférer la préfecture dans cet hôtel – « le plus élégant d’Avignon »- le département de Vaucluse ne l’acquit qu’en 1878, au prix de 130000 francs. On y installa l’année suivant l’école normale d’instituteurs, puis la caserne de gendarmerie en 1899, alors que le boulevard Raspail était percé, détruisant tout souvenir du vaste jardin.

La disposition intérieure de l’édifice, dont presque rien ne subsistait, subit un ultime ravage dans les années 1970, lorsque l’hôtel de Caumont jouxtant l’hôtel de Montfaucon fut transformé en université de lettres. C’est au cours de cette période que les deux façades –dont l’une avec un avant corps détaché à pans coupés surmonté d’un fronton cintré, la toiture dissimulée par une longue balustrade et la cour intérieure ombragée -furent classées à l’inventaire des Monuments historiques.

En 1999, le Conseil général en remit les clés à la Ville d’Avignon, dans le dessein de transformer cette demeure en musée d’art contemporain.

La collection Lambert en Avignon

La collection Yvon Lambert a été inaugurée en juillet 2000 dans cette ville dont l’histoire de ses musées brille par leurs collections constituées grâce à des amateurs privés et divers donateurs, Campana pour le Petit Palais, Puech pour le musée Calvet.

Yvon Lambert possède une collection d’art contemporain unique en France, qui n’a été présenté qu’à deux reprises, à Villeneuve d’Ascq en 1992 et à Yokohama en 1998. Depuis ses débuts parallèlement à l’activité de la galerie, Yvon Lambert a rassemblé des oeuvres confirmant son engagement et sa réputation sur la scène du marché international. L’art minimal, l’art conceptuel, le land art, la peinture dans les années 1980, la photographie ou la vidéo dans les années 1990 sont affirmés à travers les artistes les plus représentatifs.

La collection est constituée d’ensembles toujours cohérents Robert Ryman, Brice Marden, Carl Andre, Gordon Matta-Clark, Anselm Kiefer, Christian Boltanski, Andres Serrano, Douglas Gordon… Certains d’entre eux, comme Cy Twombly ou Nan Goldin, absents des collections nationales françaises, ont ici une place de choix. Cette collection se révèle ainsi l’une des plus originales, marquée par l’intense complicité qui unit le marchand-collectioneur et ses artistes.

Ce projet a vu le jour grâce à l’étroite collaboration du ministère de la Culture et de la Communication, du conseil Général, du conseil Régional et de la Ville d’Avignon qui confirme sa nouvelle orientation artistique avec le choix de la cité comme capitale culturelle de l’an 2000. La réhabilitation de l’hôtel de Caumont a été confiée à l’architecte Rudy Ricciotti, selon le programme muséographique proposé par Eric Mézil, Directeur de la collection Lambert. Andrée Putman a réalisé l’aménagement intérieur de la librairie et du restaurant. (Hall d'entrée)

La collection Lambert a ouvert ses portes au public avec une exposition inaugurale en deux volets intitulée Rendez-Vous, qui propose un nouveau regard sur les trente années d’aventure artistique que fait découvrir le musée. Chaque année, deux grandes expositions thématiques sont présentées au public, en liaison directe ou non avec les chefs-d’?uvre de la collection. ("J'ai révé d'un autre monde" de Claude Levèque)

En alternance, la collection est présentée selon des accrochages toujours renouvelés. Aussi, la politique d’acquisition d’œuvres nouvelles spécifiques à l’hôtel de Caumont se poursuit-elle pour continuer d’enrichir ce patrimoine unique.

Informations pratiques sur ce musée

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